jeudi 25 octobre 2007
Un peu de...
Je suis fatiguée mais apaisée, contente ce matin. Oh, rien d'extraordinaire : juste un soupir de soulagement parce que les patients "vont bien". La plupart sont autonomes, dans un état physique pas trop dégradé. Celà paraît bien peu dans un service de cancéro mais c'est beaucoup et celà change tout en termes de charge de travail, sans parler du moral des soignants. La semaine dernière, nous avons eu un à 2 décès par jour : la plupart attendus mais nous avons eu quelques surprises, des chocs, des familles difficiles à gérer.
Le froid, les rhumes divers et variés, la nuit qui tombe plus tôt, le jour qui se lève plus tard, tout est vécu comme une agression, une difficulté supplémentaire...
Ce matin, j'ai eu la joie d'accueillir 2 étudiants à 5h50, tout angoissés à l'idée de passer leur diplôme d'état infirmier. La peur, le stress sont tangibles... Les souvenirs refont surface et on se demande pourquoi on s'inflige autant de souffrances, 3 ans et demi d'études, travailler sans cesse sous le regard des autres. Pourtant on aime, on soulage, on écoute, on comprend... Notre corde sensible vibre en permanence, on en use, on en abuse...
Malgré tout, il reste des moments de plaisir partagés : un patient qui vous serre la main, vous sourit, un jeu de mots, les photos des petits-enfants épinglées sur le mur, un bouquet de fleurs. On finit par se réjouir de petits riens : un escarre qui guérit, une mucite qui disparait, une perf qu'on débouche sur un patient impiquable, une chimio sans nausées ...
Un café avec les collègues, quelques confidences et on oublie les difficultés, les tensions, les chagrins, les peines des semaines passés. On profite de cette timide éclaircie et tout semble plus facile, le temps paraît même moins froid !
Aujourd'hui, je n'aurai certainement pas besoin de tablette de chocolat, ni de petits gâteaux pour me réconforter...









