La tête un peu lourde, légèrement penchée vers la gauche, je squatte mon lit, entourée de mes indispensables (magazines, téléphone portable, agenda, ordi, tasse de thé, ipod, télécommandes télé & dvd).

Je ne peux m'empêcher de remarquer que le mois de novembre est un mois "sans". C'est la 2è année que je subis une intervention chirurgicale. L'an dernier, j'avais promis de vous en parler plus tard et je ne l'ai pas fait, j'en profite pour rattraper mon retard.

Il y a un an donc, j'ai fait une plastie mammaire de réduction (comme on dit), en clair j'ai demandé à un chirurgien de me rendre ma poitrine de jeune fille, ce qu'il a presque réussi ! Bon ok, c'était mission impossible mais çà s'en rapproche et je suis très satisfaite du résultat. En 15 ans et 4 enfants, j'étais passée d'un 80B à un 95-100D. Comme la plupart des femmes, j'avis un sein plus gros que l'autre mais surtout des aréoles que je jugeais énormes. Bref j'étais pas mal complexée par ma poitrine d'autant que je ne me suis jamais tenue très droite, ce qui renforçait mon côté mémère... J'avais du mal à fermer les  chemisiers alors que j'ai plutôt une petite carrure. A force d'en parler avec ma copine Gina, j'ai pris rendez-vous à l'hôpital dans le service de chirurgie plastique et réparatrice (ben oui, ils ont bien réussi la 1ère greffe de visage dans ce service, ils pouvaient donc a priori faire quelque chose pour moi !).

J'ai été reçue par un chirurgien beau comme un dieu grec (pourquoi doit-on confier tous ses complexes à un type comme çà ???), qui a dit "ah oui" quand j'ai défait mon soutien-gorge.  Nous avons conclu ensemble qu'on commencerait par la plastie mammaire et que j'aviserai ensuite pour la liposuccion, sachant que l'une serait prise en charge par l'assurance maladie (oui en France on a de la chance !) et l'autre me coûterait presque 2 mois de salaire. 6 mois d'attente et de réflexion, hospitalisation 3 jours et je ressortais avec une poitrine toute neuve (mais sans prothèses malgré la demande de l'interne en chirurgie). Je voulais juste une poitrine plus petite, un peu "rajeunie", je n'avais pas peur des cicatrices en T inversé car il était important quand même que mon corps conserve les stigmates de mes 4 grossesses. Quelques douleurs au début, pas de port de charges lourdes pendant 3 mois, des soutiens gorge de sport, des massages sous la douche et à l'huile d'amande douce et un an plus tard, je suis très heureuse et fière du résultat. Cet été, j'ai pu mettre des bustiers, des marcels sans soutien gorge !!! J'achète du 95B maintenant.

Abonnée depuis des années à Marie-Claire, j'ai été surprise et très touchée par les photos de femmes montrant leurs seins pour le  dépistage précoce du cancer du sein. J'ai moi-même eu à faire une mammographie et une échographie mammaire avant l'intervention chirugicale pendant lesquelles j'étais dans mes petits souliers, terrifiée à l'idée qu'on trouve quelque chose alors que je m'auto-palpe depuis des années. Et mes 10 années d'expérience en cancérologie me hantent encore...

Le cancer du sein nous concerne toutes, jeunes, moins jeunes, mamans, filles, tantes, soeurs, cousines, amies, copines. Nos seins ne sont pas parfaits, ils sont une grande part de notre intimité, de notre féminité. Le dépistage régulier et précoce peut sauver des milliers de vies alors, faites-le : montrez-vos seins !

Je dédie ce post à M.K. une amie très chère qui se bat depuis 7 ans.

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