Est-ce qu'être adulte c'est ne plus avoir de rêves ? Avoir des regrets ? Si c'était à refaire, referais-je pareil, presque ou complètement autrement ?... Ce que je regrette, c'est de ne plus avoir cette naïveté, cette fraîcheur, cette insouciance, cette sensation que tout est possible, que ma vie peut changer juste en un clin d'oeil... Alors oui ma vie peut changer en pire : le deuil, la maladie, le handicap bref tout ce que je cotoie tous les jours, que je ne connais que trop bien. 

Je ne regrette rien sauf la légèreté de l'enfance, la joie de savoir qu'on a la vie devant soi, que tout est à construire, à imaginer, à vivre. J'essaie encore à tout prix de conserver cette part d'enfance, d'nsouciance en moi et je me rends compte que le combat est perdu. Tout n'est que charge, corvée, souci encore et toujours... Pourtant je m'accroche encore et encore à chaque petite joie, chaque moment où il s'agit juste de poser un pied devant l'autre, de lever le nez de regarder le ciel, les nuages, de sourire à la vie...

Dans la procrastination y aurait-il une part de refus de grandir ? Je ne suis pas à la recherche du plaisir absolu, juste du ou des petits plaisirs qui vont rendre ma journée, ma semaine supportable, qui vont donner un sens au fait de me lever tôt, d'affronter les humeurs des uns et des autres, les petites ou grandes méchancetés, les agressions, les intrusions dans ma vie privée.

Les jours, les mois défilent, mes idées, mes projets sont sans cesse chamboulés. Je commence tout, je ne finis rien. Il y a les bâtisseurs, je fais partie des "passeurs" : ceux qui passent, qui ne laissent pas de traces, qui font juste circuler la vie.