mercredi 6 mai 2009
De l'alimentation des enfants...
Le rapport aux aliments débute dans le ventre de la mère...
Toutes les mamans de plusieurs enfants vous le diront : entre la 1ère et la dernière naissance, les recommandations en matière d'alimentation du nourrisson changent du tout au tout.
Lors de la naissance de Grande fille, je voulais faire un allaitement mixte. Ma mère, nous ayant tous nourris au biberon, n'avait aucun conseil à me donner et à la maternité, la sage-femme et les auxiliaires de puériculture m'ont submergée de biberons tout prêts gracieusement offerts par un laboratoire pharmaceutique. Inutile de vous dire qu'au bout de 3 semaines, j'abandonnais lamentablement l'allaitement au sein. Oui en ce temps-là pas d'internet (nous étions en 1994), je ne connaissais pas la Leche League et les mères allaitantes faisaient figures d'intégristes à mes yeux. Jeune maman de 23 ans, allaiter dans un lieu public frisait l'exhibitionnisme et j'avais l'impression que le biberon, c'était la liberté ! La pédiatre nous avait demandé d'introduire à 3 semaines (oui, oui vous lisez bien) une cuillère à café de jus de fruits en ampoule, puis vint la cuillère à café de farine diastasée dans le biberon de lait.
Idem pour Mr pokémon sauf que j'étais bien décidée à l'allaiter. Mais j'ai voulu tirer mon lait avant la fin du 1er mois et j'ai attrapé la grippe...
Pour Minette, internet était arrivé depuis 2 ans dans notre foyer, je participais à des forums (magicmaman, aufeminin.com), et à une liste de discutions de mamans de familles nombreuses (devenue Maximomes il y a quelques années). Donc, tout au long de ma grossesse je me suis préparée à l'allaitement et me suis lancée comme défi de la nourrir pendant au moins 3 mois. J'ai même pu poursuivre en introduisant des biberons de complément jusqu'au 4è mois. Les recommandations sanitaires ayant changé, plus de jus de fruits à la cuillère, plus de farine, diversification à doses homéopathiques et de préférence à compter du 6è mois, afin d'éviter les allergies alimentaires.
J'ai allaité Tit'puce pendant 5 mois. J'ai vite compris mes erreurs de jeunesse, à quel point je faisais fausse-route avec mes préjugés et mes a priori. J'ai vécu ces allaitements comme une autre forme de liberté. Je pouvais aller me balader et laisser bébé avec son papa en sachant qu'il ne mourrait pas de faim grâce à mes sachets de lait au frigo ou au congélateur, par exemple.
Après la naissance de Minette, je me suis lancée dans la confection de petits pots à base de légumes du jardin (celui de Jean et Claudie à Dijon). Ainsi mes 2 dernières ont mangé des purées de tomate, de coeur d'artichaut, de petits pois, etc. J'ai tiré et congelé mon lait régulièrement.
Mes enfants ont des goûts et des dégoûts, comme tous les autres (je l'ai su dès l'allaitement ! ). En préparant des repas pour 6 personnes, j'essaie de gérer au mieux. Quand je cuisine quelque chose de nouveau, j'essaie d'en faire une petite quantité et j'en sers 2-3 cuillères à soupe. Je prévois toujours un accompagnement et/ou un dessert. La règle est de goûter et de manger l'équivalent d'une cuillère. Intentionnellement, je ne prépare jamais un autre plat "au cas où". Si un aliment n'a pas le succès escompté, je le cuisine à nouveau quelques semaines plus tard sous une autre forme : potage, gratin, purée, dans un risotto, sauté au wok... Et nous insistons pour que les enfants apprennent très tôt la différence entre "je n'aime pas" et "c'est pas bon"ainsi que l'importantce de ne pas gâcher la nourriture. A ce jour, nous n'avons aucun problème à les emmener au restaurant ou dîner chez des amis.
Mes derniers essais culinaires : le tofu et la salade de lentilles tiède. Pour le tofu, j'ai eu des hauts cris, des récriminations longues comme le bras mais les enfants sont prévenus, ils en mangeront dorénavant 2 fois par mois. La salade de lentilles est passée presque comme une lettre à la poste, j'avais juste mis en plus des gésiers de volaille confits que Grande fille et Mr pokémon n'aiment pas.
Ma mère est étonnée de voir tout ce que mes enfants mangent alors que j'étais moi-même une enfant très difficile ;-) (c'est elle qui le dit !). Heureusement, les goûts changent au cours d'une vie, en fonction des rencontres, des personnes qui cuisinent, de l'amour qu'on leur porte.
Autre astuce, les faire participer très tôt (vers 3 ans) à l'élaboration des repas. Ce peut être casser des oeufs, mélanger une pâte à gâteau, couper des courgettes ou des tomates, peler un oignon, couper des pommes, verser du lait, du sucre. Ils en retirent une grande fierté et mangent de meilleur appétit.
Pour familiariser mes enfants à toutes sortes de légumes et modes de cuisson, je les ai aussi inscrits à des ateliers de cuisine. Voir ICI, ICI, là
Voilà, ceci n'est que ma petite expérience, je ne la prétends pas universelle, hein !
lundi 23 mars 2009
Globale ou syllabique ?...
Avec plus de 1000 posts écrits à ce jour, il peut y avoir des redites, donc vous voudrez bien me pardonner si c'est le cas.
Tit'puce étant en grande section de maternelle, la plupart des parents de ses camarades de classe se posent la question de l'apprentissage de la lecture. Avec toutes les discussions autour de LA méthode plus les petits camarades qui savent lire à 4 ou 5 ans, la question de la précocité, du saut de classe, de l'échec scolaire, cela fait beaucoup de sujets à polémique et/ou d'inquiétude qui reviennent chaque année au printemps.
Chez nous la question a été vite réglée car je fais partie de ces parents indignes qui apprennent à lire à leurs enfants.
Ma qualification ? Aucune. J'ai moi-même appris sur le tas, assise au fond de la classe de ma mère (instit à l'époque). Apparemment, je n'avais pas encore 3 ans. J'ai appris à lire à chacun de mes petits frères dans une vieille méthode syllabique (celle que maman utilisait).
Il ne s'agit pas de dévaloriser le travail des enseignants, simplement je suis persuadée qu'un enfant n'a pas besoin d'attendre d'avoir 6 ans ou d'être en CP pour apprendre à lire (d'ailleurs dans d'autres pays les enfants apprenent à lire dès 5 ans).
Donc dès l'âge de 2-3 ans, je propose LE livre de lecture familial.
Ce que j'ai toujours aimé avec ce livre, c'est qu'il débute par l'histoire de Blanche-Neige, jusqu'au moment où elle est perdue dans les bois et pleure : i i i i i ...
Puis elle aperçoit la maison des 7 nains : o o o o o ... et ainsi de suite.
Evidemment comme c'est une méthode des années 60, le vocabulaire est vieillot mais ce n'est pas si mal d'expliquer ces mots aux enfants et cela enrichit leur lexique (à l'occasion on peut se pencher sur les écrits d'Alain Bentolila, linguiste et les débats sur la pauvreté de langage des enfants de banlieue qui utilisent 350 à 400 mots).
Pourquoi le fais-je ? Simplement parce que je pense que cela fait partie de mon rôle de mère. Tout comme je leur apprends à se laver, s'habiller, traverser la rue, faire des petites courses, compter leur monnaie, je suis heureuse de leur apprendre à lire, à écrire et à compter.
Pas question de revenir sur l'utilité de l'école maternelle, ni sur la scolarisation des petits !!! Mes enfants ont tous été à l'école avant l'âge de 3 ans.
Ceci est juste mon plaisir, ma fierté et peut-être ma vanité personnelle : leur donner toutes les bases nécessaires.
Certains parents préfèrent me ranger dans la catégorie de ceux qui "poussent leurs enfants", tant pis ! Je ne les pousse pas, je les accompagne dans leur désir de lire des livres, des histoires comme les grands. J'accompagne leur croissance, leur besoin de comprendre tout ce qui se trame autour d'eux, tous ces signes qu'ils croisent tous les jours.
Chez nous les séances sont au bon vouloir, à la fois du parent et de l'enfant (oui parfois, c'est moi qui n'ai pas envie alors que Tit'puce arrive avec le livre à la main). Elles ne durent qu'une dizaine de minutes. Avec 4 enfants, j'ai pu constater que chacun a eu le déclic à un moment différent. En utilisant la même méthode, j'ai dû adapter l'apprentissage (avec des cartes, des jeux ou d'autres livres) et surtout que chacun a appris à lire à sa façon.
De temps en temps, j'ai passé la main à Petit mari, à Grande fille ou Mr Pokémon.
En plus, cela me permet d'observer mon enfant, de percevoir le type de
mémoire qu'il utilise, de décoder son comportement face à une
difficulté et de m'adapter.
Ainsi chacun de mes petits est arrivé à la "grande école" en sachant lire. Naïvement, je pense que cela allège aussi la tâche de l'enseignant qui peut consacrer plus de temps aux élèves en difficulté.
En voyant le livre de lecture choisi par l'école de mes enfants, j'ai été confortée dans ma démarche car je n'ai jamais
compris comment un enfant pouvait apprendre à lire avec une méthode pareille. Il faut dire qu'il porte bien son nom "Abracadalire" (à croire qu'il suffit d'un coup de baguette magique ! ) Voir un rapport d'orthophoniste.
Comme j'aime les vieux livres de lecture, j'ai acheté "Daniel et Valérie", "Rémi et Colette" (celui que j'ai eu en classe de CP), la méthode Boscher et d'autres.
Aujourd'hui, une des méthodes "modernes" se rapprochant de ce que j'utilise est "Lire avec Léo et Léa", que je combine avec mon vieux livre familial pour Tit'puce.
Pour les esprits chagrins, vous remarquerez que 3 de mes enfants ont fait ou feront leur CP car je ne considère pas que savoir lire soit une condition suffisante au saut de classe, la précocité intellectuelle étant un autre débat que je n'ouvrirai pas dans le cadre de ce post.
Le plus beau compliment, c'est Grande fille qui me l'a fait dernièrement : "Maman, je veux que ce soit toi qui apprenne à lire à mes enfants plus tard" et croyez-moi, j'étais très émue...
Voilà, ce post inaugure une nouvelle catégorie dans laquelle je partagerai avec vous mon expérience de "vieille maman".








